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    Le Gold Exchange Standard

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    Arthur

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    Le Gold Exchange Standard

    Message  Arthur le Dim 8 Nov - 17:26

    Le Gold Exchange Standard

    Au lendemain de la 1ère Guerre Mondiale, les Etats européens sont ruinés et endettés. Ils ont perdu leurs stocks d’or au profit des Etats-Unis, et sacrifié la valeur de leur monnaies pour financer la guerre. Dès lors, il semble impossible de reconstruire un système économique mondial (SMI) sur les bases du Gold Standard, qui est inapplicable. Il faut donc trouver un nouvel équilibre économique, un nouveau système, pour relancer l’économie mondiale.
    Le Gold Exchange Standard établi en 1922 doit donc se substituer à l’ancien système pour pouvoir retrouver la prospérité. Pourtant, si on observe une reprise dans les années 20, elle reste courte dans le temps et des problèmes subsistent. Peut-on parler d’échec du Gold Exchange Standard ?
    Le nouveau SMI a pour but de résoudre les problèmes monétaires européens (I), en s’adaptant à la nouvelle géoéconomie d’après-guerre dominée par les Etats-Unis (II). Mais on observe rapidement les limites de ce système à cause de la politique monétaire et économique des Etats (III).

    I. Les problèmes monétaires d’après guerre

    Les crises monétaires qui secouent l’Europe des années 20 ne font que traduire le malaise profond du vieux continent qui a perdu son ancienne position dominante et ne parvient pas à retrouver le chemin de la croissance dans la stabilité monétaire du XIXème siècle. Certaines crises monétaires sont dramatiques, et aboutissent à la destruction totale de la monnaie, comme c’est le cas pour l’effondrement du mark allemand en 1923, victime du choc de la guerre, de la menace des lourdes réparations ainsi que de l’action des banques et grandes entreprises allemandes qui ont joué l’inflation pour s’agrandir à crédit et exporter en monnaie dépréciée ( payer en monnaie de singe ). Par contagion, les monnaies russes, autrichiennes, polonaise ou hongroise ont subis des accidents similaires.
    A un moindre degré de gravité, des monnaies comme le franc français ont connu des crises vives ponctuées d’attaques spéculatives.
    Au début des années 20, après le traumatisme occasionné par la guerre et ses séquelles, la reconstruction d’un système monétaire stable, impliquant un minimum de solidarité internationale, apparaît comme la condition indispensable d’un retour à la prospérité économique.

    II. La reconstruction d’un système monétaire internationale (SMI)

    Le rétablissement des circuits financiers internationaux (qui passe entre autres par le règlement du problème des réparations allemandes et des dettes interalliées), est indissociable de la reconstruction d’un SMI ayant l’accord d’un grand nombre de pays.
    La conférence internationale de Gênes en 1922 pose les principes du nouveau système monétaire international. Constatant l’impossibilité de revenir au Gold Standard du XIXème siècle, du fait de l’abandon de la convertibilité en or des monnaies et de la très inégale répartition du stock d’or mondial, les Etats décident donc un double assouplissement de la garantie des monnaies par l’or :
    - Les billets ne seront plus convertibles qu’en lingots et plus en pièces d’or (les devises clés : au début seul le dollar est assez fort pour bénéficier de cette convertibilité). Cette particularité du Gold Exchange Standard a un nom spécial : c’est le Gold Bullion Standard.
    - D’autre part, les billets deviennent non seulement convertibles en or, mais aussi en devises clés.

    La mise en pratique de ces décisions s’échelonne de 1924 à 1928, en commençant par l’Allemagne, véritable centre des problèmes financiers et monétaires européens. En 1924, à la faveur de la reprise des prêts américains et du règlement de la question des réparations dans le cadre du plan Dawes, le Docteur Schacht crée une nouvelle monnaie convertible en or, le Reichsmark. L’année suivante, au prix d’un effort déflationniste, les conservateurs anglais rétablissent la convertibilité en or de la livre sterling. En France, Poincaré doit accepter une large dévaluation du franc pour rétablir en 1928 sa convertibilité en lingots d’or.
    La stabilisation monétaire permet un redémarrage du crédit international. Les capitaux essentiellement américains transitent par les grands places financières européennes.

    III. Les limites du nouveau SMI

    Les Etats-Unis se voient attribuer un rôle considérable, puisque le dollar est placé au centre du nouveau système. Ils sont les principaux fournisseurs de capitaux dans le monde : 11,5 milliards de dollars placés à l’étranger entre 1920 et 1931, soit presque le double des prêts extérieurs britanniques. Leurs crédits sont généralement consentis à court terme, alors que les bénéficiaires les réutilisent pour des investissements à long terme, ce qui représente un risque.
    L’activité intense mais peu saine du crédit international contraste fortement avec la mobilité des hommes et marchandises. Dès 1925, ‘effort d’investissement se relâche, exprimant une incertitude sur la poursuite de la croissance. La prospérité ne s’est accompagnée ni d’une progression soutenue du pouvoir d’achat ni d’un mouvement durable d’investissement. Si l’économie et les prêts américains ne suivent pas, c’est tout le système financier international qui est menacé.
    Or, les Etats-Unis ne veulent pas le rôle de puissance qui leur a été attribué. Ils mènent un politique économique et monétaire sous le slogan « America First », comme l’illustre leur retour à des bases protectionnistes, ou la dévaluation unilatérale de 41% du dollar par Roosevelt en 1934. De fait, les autres pays suivent la voie d’un protectionnisme fort. Chacun mène une politique monétaire différente suivant ses seuls intérêts. Conséquemment, alors que le nouveau système exigeait un minimum de solidarité internationale, les pays s’engagent dans des voies isolées, et font face seuls à leurs problèmes.

    Conclusion
    La prospérité économique consécutive à la mise en place du Gold Exchange Standard repose sur des bases financières malsaines. L’économiste français Jacques Rueff a dénoncé les défauts de ce système. Contrairement au Gold Standard, celui-ci, permet l’inflation, car un même stock d’or peut garantir la création et la circulation de plusieurs monnaies. De plus, les principales devises clés correspondent à des économies peu saines, du fait du déclin britannique, de la spéculation américaine et des faiblesses françaises. Les principaux centres monétaires ( Londres, Paris, New York), loin de constituer un réseau harmonieux, se livrent une rude concurrence pour attirer l’or et les capitaux.
    Ces différentes constatations donnent le sentiment que les progrès techniques et l’essor productif des années 20 conduisent finalement à une situation d’engorgement des marchés et à des déséquilibres de tous ordres.
    Les politiques monétaires/ économiques unilatérales des Etats ont altéré le fonctionnement du Gold Exchange Standard qui reposait au contraire sur une solidarité.

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